LASIK · PKR · SMILE · Implants phaques

Chirurgie réfractive : un acte de confort , un risque à part

Un patient qui voit bien avec des lunettes, une amétropie qui n'est pas une maladie, un acte non remboursé : pour votre assureur, c'est une autre activité.

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Un acte à part

Pourquoi la chirurgie réfractive change tout

Trois caractéristiques la séparent du reste de votre exercice, et chacune a une conséquence juridique.

Le patient est sain
Il ne cherche pas à guérir mais à se passer de correction optique. Le rapport bénéfice/risque s'apprécie donc très différemment.
L'acte n'est pas remboursé
Il reste intégralement à la charge du patient, qui se comporte en acheteur d'une prestation et en évalue le résultat.
L'information doit être exhaustive
Quand l'acte n'a pas de finalité thérapeutique, la jurisprudence exige une information portant sur tous les risques connus, même exceptionnels.

Le LASIK, la PKR, le SMILE et les implants phaques ne traitent pas une pathologie : ils corrigent une amétropie que des lunettes ou des lentilles corrigent déjà. Le patient opéré n'est pas malade. Il ne subit pas l'intervention, il l'a choisie, et il l'a payée de sa poche puisque ces actes ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie.

L'obligation de moyens demeure, mais elle ne suffit plus

Le chirurgien réfractif reste tenu d'une obligation de moyens sur le geste : il ne promet pas un résultat. En revanche, l'appréciation du devoir d'information et de l'indication opératoire se durcit nettement. Reprocher un geste correctement exécuté est difficile ; reprocher d'avoir opéré un patient mal informé, ou mal sélectionné, l'est beaucoup moins.

Information

L'obligation d'information renforcée

Sur un acte de confort, l'information n'est pas un formalisme : c'est le cœur du dossier.

Un cas d'école : l'information reconstituée après coup

Dans une affaire commentée par la MACSF en 2018, un ophtalmologiste a été condamné pour défaut d'information après deux corrections de myopie qualifiées de chirurgie de confort.

Trois éléments ont pesé : aucune preuve directe de l'information, des fiches produites au nom d'autres patients, et une mention ajoutée au dossier après l'intervention. L'indemnisation a été fixée sur la perte de chance, à 25 % du préjudice.

Art. L.1111-2 CSP

La preuve pèse sur vous, pas sur le patient

« Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles […] »

« En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. »

La jurisprudence applique de longue date un standard plus exigeant aux interventions sans finalité thérapeutique. La référence est l'arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 17 février 1998 (Bull. 1998, I, n° 67), rendu en chirurgie esthétique : quand l'acte ne soigne pas, le patient doit être informé de tous les risques, même rares.

La chirurgie réfractive relève de la même logique : un œil sain, un bénéfice de confort, donc aucune raison de taire un risque au motif qu'il est exceptionnel.

Ce que l'ANSM attend d'un centre de chirurgie réfractive.

Dans son dossier consacré à la chirurgie réfractive, l'ANSM rappelle trois exigences : une information complète, orale et écrite, sur les risques et complications ; un délai de réflexion suffisant ; un consentement recueilli par la signature d'un formulaire avant l'intervention.

L'agence souligne aussi que la sélection du patient par un chirurgien formé, sur des examens cliniques appropriés, est l'étape la plus importante du processus.

Votre contrat

Votre RCP couvre-t-elle vraiment le réfractif ?

C'est la question qui coûte le plus cher, et celle que personne ne pose avant le premier sinistre.

✓ Ce que vous devez faire figurer au contrat

  • ✓La chirurgie réfractive cornéenne : LASIK, PKR, SMILE, kératotomie
  • ✓Les implants phaques et la chirurgie du cristallin à visée réfractive
  • ✓Le cross-linking et les actes associés que vous pratiquez
  • ✓Le lieu de réalisation : clinique, centre, bloc de cabinet
  • ✓Votre volume annuel d'interventions réfractives

✕ Ce qui vous expose

  • ✕Une activité réfractive démarrée sans nouvelle déclaration
  • ✕Un contrat souscrit pour « ophtalmologie » sans mention du réfractif
  • ✕Une évolution de technique non signalée à l'assureur
  • ✕Un plafond calé sur une activité médicale et non chirurgicale
Réponse directe

Pas automatiquement

Un contrat de responsabilité civile professionnelle est délivré pour une activité déclarée, pas pour une spécialité. L'ophtalmologie de soin et la chirurgie réfractive n'ont ni le même risque, ni le même profil de réclamation, ni le même tarif.

Une activité réfractive non déclarée à l'assureur peut se retrouver hors du champ de la garantie, exactement comme les actes esthétiques dans d'autres spécialités.

Les assureurs du risque médical le rappellent eux-mêmes : il faut informer son assureur et mettre son contrat à jour tout au long de sa vie professionnelle. Sinon, le praticien assume seul tout ou partie d'un sinistre survenu sur une activité non garantie.

Certains assureurs proposent d'ailleurs des offres distinctes pour les actes à visée esthétique et de confort : la preuve qu'il ne s'agit pas du même risque.

Le bon réflexe : relire avant, pas après.

Ouvrez vos conditions particulières et cherchez la rubrique « activités garanties » ou « déclaration de risque ». Si les mots « chirurgie réfractive », « LASIK », « PKR » ou « à visée non thérapeutique » n'y figurent pas, la question mérite d'être posée par écrit à votre assureur, avant votre prochaine intervention, pas après votre première réclamation.

Votre activité réfractive

Faites relire votre déclaration d'activité avant votre prochaine intervention, pas après votre première réclamation.

Faire vérifier mon contrat
  • Réfractif nommément déclaré
  • Plafonds calés sur le volume
  • Information et preuve sécurisées
  • Devis gratuit et sans engagement

Les risques

Ce que les patients réfractifs reprochent

Rarement le geste. Presque toujours l'écart entre ce qui a été promis et ce qui est vécu.

La sécheresse oculaire durable

Complication fréquente après LASIK, invalidante au quotidien, et souvent perçue comme « jamais annoncée » par un patient qui n'avait aucun symptôme avant l'intervention.

Les halos et l’éblouissement nocturne

Gêne à la conduite de nuit, difficile à objectiver, mais très mal vécue par un actif qui a payé pour améliorer son confort visuel.

La sous-correction ou la surcorrection

Le patient se retrouve à porter la correction dont il voulait se débarrasser : le résultat attendu n'est pas atteint, et c'est précisément l'objet du contrat moral qu'il croyait avoir passé.

L’indication opératoire contestée

Cornée fine, kératocône fruste, amétropie évolutive : la sélection du patient est l'étape que l'expert examine en premier lorsque le résultat déçoit.

Sur ces quatre motifs, le dossier se gagne ou se perd sur des pièces écrites : la topographie et la pachymétrie pré-opératoires, la fiche d'information signée et datée, la trace du délai de réflexion, le devis accepté et le compte rendu qui explicite l'indication retenue. Aucun de ces documents ne se reconstitue après coup : l'affaire de 2018 rappelée plus haut le montre.

Check-list

La check-list avant votre prochaine intervention

  1. 1
    Vérifier la déclaration d’activité

    La chirurgie réfractive figure-t-elle nommément dans vos conditions particulières ? Sinon, écrivez à votre assureur avant d'opérer.

  2. 2
    Contrôler les plafonds

    8 M€ par sinistre et 15 M€ par an sont les minimums légaux (art. R.1142-4 CSP). Un volume réfractif significatif justifie de les relever.

  3. 3
    Formaliser l’information

    Document écrit remis en main propre, nominatif, daté, reprenant tous les risques connus (y compris exceptionnels) et les alternatives (lunettes, lentilles, abstention).

  4. 4
    Tracer le délai de réflexion

    Deux dates distinctes : celle de la consultation d'information, celle du consentement. L'écart entre les deux est une pièce du dossier.

  5. 5
    Documenter l’indication

    Topographie, pachymétrie, stabilité de la réfraction : ce qui justifie d'opérer ce patient-là, et pas seulement de savoir opérer.

  6. 6
    Réactualiser à chaque évolution

    Nouvelle technique, nouveau plateau technique, nouveau volume : la déclaration de risque se met à jour en cours de contrat, pas à l'échéance.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la chirurgie réfractive et son assurance

La chirurgie réfractive est-elle couverte par une RCP médicale standard ?
Pas automatiquement. Un contrat de responsabilité civile professionnelle est délivré pour une activité déclarée. Le LASIK, la PKR, le SMILE et les implants phaques sont des actes non thérapeutiques réalisés sur un patient sain : ils doivent figurer nommément dans votre déclaration d'activité, faute de quoi ils peuvent se trouver hors du champ de la garantie.
Pourquoi parle-t-on d’obligation d’information renforcée ?
Parce que l'acte ne soigne pas une maladie. La jurisprudence, dans le prolongement de l'arrêt de la Cour de cassation du 17 février 1998 en matière de chirurgie esthétique (Bull. 1998, I, n° 67), impose d'informer le patient de tous les risques encourus lorsque l'intervention n'a pas de finalité thérapeutique, y compris les risques rares. L'article L.1111-2 du code de la santé publique met par ailleurs la preuve de cette information à la charge du professionnel.
La chirurgie réfractive est-elle remboursée par l’Assurance maladie ?
Non. Le LASIK, la PKR, le SMILE et les implants phaques à visée réfractive ne sont pas pris en charge : le coût reste intégralement à la charge du patient, sauf participation éventuelle de sa complémentaire santé. C'est précisément ce qui place le patient en position d'acheteur et durcit son appréciation du résultat.
Le chirurgien réfractif est-il tenu à une obligation de résultat ?
Non. L'obligation reste une obligation de moyens : le praticien ne garantit pas l'emmétropie. En revanche, l'appréciation du devoir d'information et de la pertinence de l'indication opératoire est nettement plus exigeante que dans la médecine de soin.
Quels documents faut-il conserver avant une intervention réfractive ?
Le bilan pré-opératoire complet (topographie, pachymétrie, stabilité de la réfraction), le document d'information nominatif remis au patient, le consentement signé et daté à une date distincte de celle de l'information, le devis accepté, et le compte rendu explicitant l'indication retenue. L'ANSM rappelle que le consentement doit être recueilli par la signature d'un formulaire avant l'intervention, après un délai de réflexion suffisant.
Que se passe-t-il si j’ai opéré sans avoir déclaré cette activité ?
Vous vous exposez à devoir assumer seul tout ou partie des conséquences financières du sinistre. Les assureurs du risque médical rappellent qu'il appartient au praticien d'informer son assureur des évolutions de son activité et de mettre son contrat à jour tout au long de sa vie professionnelle. La régularisation se fait auprès de votre assureur, par écrit, sans attendre l'échéance annuelle.

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